Interview de Sebastien Serriere

Publié le par Valentin JACQUEMET

Sébastien Serrière, ce nom ne vous dit pas grand chose. Et pourtant, cet homme s'est forgé un palmarès plus qu'impressionnant : multiple Champion de France, Champion d'Europe 2001, 3ème des Championnats du Monde en 2007, et 5ème il y a quelques jours pour l'édition 2009. Cet homme, victime d'un terrible accident en 1997, court désormais chez les athlètes handisports.

Rencontre avec ce champion hors-norme.

 

 

Cyclisme NEWS : Bonjour Sébastien, tout d'abord merci de nous accorder un peu de votre temps pour réaliser cette interview. Comment vous sentez vous après cette très belle cinquième place lors des derniers Championnats du Monde ?
Sébastien Serrière : C'est l'accomplissement d'un travail de 2 mois. Nous nous étions retrouvés avec toute l'équipe de France à Bourges pour cette échéance. J'avais participé à de nombreuses compétitions avec les valides avant pour essayer de combler mon retard sur ma préparation dû à quelques soucis de santé au niveau de mon dos durant le mois d'août.
La course s'est bien déroulée. Nous sommes partis à cinq dans un groupe d'échappée. Malheureusement, à l'approche du final, j'ai explosé et je termine l'épreuve à la cinquième place. Je suis tout de même satisfait de ce résultat.

C.N : Pour rester dans le domaine des Championnats du Monde, que vous inspire la victoire de Cadel Evans ?
S.S : Je suis content pour lui. Vu la course qu'il a réalisé, c'est amplement mérité, il a couru avec sa tête. Evans, c'est avant tout un coureur au parcours impressionnant. Vous connaissez beaucoup de cyclistes aujourd'hui champion du monde de VTT et de route ?
Bien sur, si j'étais à la place de Cancellara, je nourrirais d’énormes regrets. Il m'avait fait forte impression sur le contre-la-montre, la course en ligne n'a que confirmé mon point de vue. C'est ce type de coureur qui peut faire énormément de bien au vélo.

C.N : Vous parlez de la polyvalence de Cadel Evans entre la route et le VTT, vous avez également un palmarès sur piste.
S.S : J'ai découvert la piste après mon accident. Paradoxalement, c'est ma Fédération qui me l'avait imposé. J'étais réfractaire au début, mais désormais, j'aime beaucoup. Certains disent que les deux disciplines (à savoir route et piste) ne sont pas compatibles, personnellement, je pense qu’elles se complètent. J'ai été trois fois champion de France, et cette discipline m'a permit de me qualifier pour les Jeux Paralympiques d'Athènes en 2004. Le manque d'infrastructure est, malheureusement, préjudiciable pour l'expansion de la piste en France …

 

Sébastien durant les Championnats du Monde 2009

 

C.N : Avez-vous une réelle structure pour vous accueillir ?
S.S :
Concernant la route, la structure handisport est bien rodée. Il y aura peut-être d'ici quelques années, un vrai groupe Sport qui sera mis en place, non seulement pour les compétitions internationales, mais surtout tout au long de l'année. Concernant la piste, la structure se met en place petit à petit. Espérons que ce projet se concrétisera rapidement.

Pour ma part, Agritubel m’a accueilli il y a deux ans. Je suis déçu que cette aventure se termine car cette équipe était avant tout une grande famille.

C.N : La saison est presque finie, allez-vous encore faire quelques courses ?
S.S :
Oui, je pense que je vais prendre part à plusieurs petites courses. Je suis actuellement à la recherche de fonds afin de partir à Dubaï pour préparer au mieux la prochaine saison. J'habite à Vittel et le climat est plus que capricieux l'hiver. Espérons que cela marche.

C.N : Quels seront vos objectifs la saison prochaine ?
S.S :
Je veux faire une grosse saison. J'ai 37 ans, et même si l'âge de la retraite d’un sportif handisport est plus élevé que chez les valides, je sais que je n'ai pas dix ans devant moi. Tout d'abord, je tenterai de conserver mon titre de Champion de France. Puis, j'axerai ma saison sur les Championnats du Monde qui se dérouleront  en Colombie en juillet prochain. J'espère que je réussirai à me qualifier pour la piste et la route. Les épreuves sur piste pourront me permettre de débloquer les jambes quelques jours avant l'épreuve en ligne.


C.N : Pensez-vous déjà aux Jeux Olympiques de Londres ?
S.S :
On verra ! Bien sûr, j'ai été déçu de ne pas être sélectionné pour Pékin, alors j'ai cet objectif dans un coin de ma tête. Cela pourrait me permettre de terminer ma carrière en apothéose.
Pour le moment, je me concentre sur la saison prochaine. J'ai une grande motivation, l'envie d'aller m'entrainer tous les jours. Alors, il n'y a pas de raison que cela ne marche pas !

 



Un grand merci à Sébastien pour sa sympathie, et sa disponibilité.
Cyclisme NEWS lui souhaite une bonne fin de saison ainsi que pour la saison qui se profile déjà à l'horizon.

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