Gravir un rêve #6

Publié le par Valentin JACQUEMET

 La fin d’une aventure.

 

Voilà le 18 juillet 2010 est passé, l’Etape du Tour également. Finalement, j’ai pris le départ sans aucune ambition, seulement celle de terminer. L’amour propre, la rage de vaincre furent plus forte que la contre-indication médicale. Après plus d’un mois sans vélo, je ne tenais plus en place, et, alors que le Tour de France passait pas très loin de chez moi, je décidais de faire la montée du Col des Aravis avec mon compère, Alexandre Maingot. Les sensations étaient bonnes même si quelques douleurs se faisaient sentir sur l’épaule. Très vite, notre côté boute-en-train reprit le dessus et nous décidions de faire une grosse campagne publicitaire pour Maxime Bouet sur les quatre derniers kilomètres. Grand moment de rire.

 

 

C’était donc rassuré que je prenais la route de Pau pour mon objectif de l’année. Après avoir retiré mon dossard dans le village, direction les différents stands dont celui de Vélo Magazine où je retrouvais les autres carnets de route. J – 2.

La veille de l’épreuve fut placé sous le signe de la détente, massage, repos, ballade, aucune pression dans les parages. Et puis, le jour J arriva, nous étions déjà le 18 juillet. La nuit s’était tellement bien passée que le réveil fut brutal aux alentours de 5h45. Il me restait un peu moins d’une heure pour rejoindre la ligne de départ. Le petit déjeuner fut pris dans l’urgence mais le sourire était déjà accroché aux lèvres.

 

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Je me retrouvais à l’arrière de mon SAS autour de la 7000ème place. Après que le départ - des premiers concurrents – fut donné à 7 heures, je m’élançais, pour ma part, dix minutes plus tard, allée Alfred de Musset. C’était parti pour 181 kilomètres de bonheur, de souffrance. Une nouvelle page s’écrivait. Comme à mon habitude, je pris un départ assez lent. La peur de puiser dans mes réserves y contribuait fortement. Le début du parcours était vallonné, de nombreuses petites bosses jalonnaient le parcours, ce qui me permit de doubler de nombreux concurrents. Doucement mais surement, je me rapprochais du pied de la première difficulté du jour, le Col de Marie-Blanque. Le pied du col se passa sans encombre. Le fait d’avoir fait la reconnaissance, quelques semaines plus tôt, était un avantage non négligeable. Je pris rapidement mon rythme, les jambes tournaient bien, mais les premières alertes au niveau de l’épaule se firent sentir. A deux kilomètres du sommet, devant le nombre impressionnant de coureurs gravissant les pentes les plus abruptes du col, je fus obligé de mettre pied à terre et de finir l’ascension vélo à la main. C’est donc assez frais que je ralliais le sommet de la première difficulté du jour. La descente se passa sans encombre et marquait mon premier arrêt de la journée lors du ravitaillement. L’avantage principal d’une cyclosportive telle que l’Etape du Tour est, qu’à n’importe quel instant, on retrouve des groupes à son niveau. Je retrouvais mes parents et mon petit frère au kilomètre 85, un instant qui me permit, comme à chaque fois, de regonfler le moral et de repartir pour de plus belles. Je restais dans les roues, ne prenais que très peu de relais, pas très sport, certes, mais très efficace pour lutter contre la fatigue physique.

 

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Au pied du Col du Soulor, à Ferrière, lieu où j’avais abandonné lors de la reconnaissance, je m’arrêtai de nouveau pour remplir les poches du maillot. J’étais assez satisfait de moi, je réalisais un temps honorable, je ne ressentais que très peu de fatigue dans les jambes. Je fus, d’ailleurs, extrêmement surpris car je montais tranquillement la seconde ascension de la journée ; à aucun moment, je ne me retrouvais dans le rouge. Le fait de doubler des concurrents me permit également de garder le moral au beau fixe. Ce col du Soulor est un col agréable à monter de part sa régularité dans les pourcentages. Une fois, son rythme trouvé, il n’y a plus qu’à tourner les jambes. Seul problème, qui allait s’avérer majeur, alors que j’étais à un kilomètre du sommet, de très fortes douleurs se faisaient sentir dans mon épaule. Je profitais du ravitaillement au sommet pour m’asperger de froid sur cette partie douloureuse. Dans la descente, il m’était devenu impossible de tenir mon guidon, je ne pris donc aucun risque et passa cette descente, sinueuse par endroit, au pas. Nous étions déjà au kilomètre 144, moment où je vis, pour la seconde fois, ma famille. Tout était clair dans ma tête à ce moment là, je réussirais à terminer l’épreuve. Je me retrouvais dans un groupe où il y avait, pour une fois, de nombreux français. Le temps commençant à se faire long, nous décidions d’animer quelque peu le replat qui menait au Col du Tourmalet. Holà, blagues, les remèdes étaient nombreux pour combattre la monotonie. Il restait vingt kilomètres, les jambes allaient bien, je me sentais frais malgré la chaleur accablante. Et puis dès les premières pentes, mon épaule droite refaisait parler d’elle. Rapidement, je ne pouvais tenir mon guidon que d’une seule main. Après un premier arrêt auprès des pompiers présents sur le bord de la route, je repris la route. Une borne plus loin, je mettais pied à terre, la douleur était devenue trop forte. Les larmes coulaient certes à cause de la souffrance mais également de la déception. Il m’aura manqué dix petits kilomètres pour terminer MON objectif de l’année. Ces dix kilomètres que je réalisais en ambulance …

 

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Une fois, la déception du moment passée, je réalisais que ma performance était tout de même honorable et que je n’avais pas à rougir. Près de trois milles personnes avaient abandonnés durant la journée.
L’aventure s’est donc terminée ce Dimanche 18 juillet 2010, aux alentours de 16 heures. Et c’est la tête remplie de souvenirs que je me tourne désormais vers d’autres horizons.

 

Valentin JACQUEMET

Publié dans Gravir un rêve

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guillaume 22/07/2010 11:48



encore félicitations val même si il n'aura manqué que 10km



Alex Maingot 21/07/2010 22:46



Super mon Val je suis fiere de toi et on va désormais s'interesser de pres a létape du tour de l'ain !