Interview de Guillaume Prébois (journaliste et auteur de "L'Autre Tour" et "Brouillard sur l'Angliru")

Publié le par Valentin JACQUEMET

Guillaume Prébois est un homme atypique. Journaliste au Monde, passionné de cyclisme, il se lance depuis 2007 dans des projets passionnant. Tour du Monde, réalisation des Trois Grands Tours, il se lancera dans quelques semaines à l’assaut d’un nouvel objectif. Rencontre.

 

Cyclisme NEWS : Tout d'abord, qu’est-ce qui vous pousse à réaliser de tels projets depuis trois ans ?

Guillaume Prébois : Le Tour du Monde en 80 jours a été une occasion fabuleuse d'associer découverte, écriture et performance. L'idée d'un tour du monde me trottait en tête depuis un bout de temps. Lorsque j'ai relu le livre de Jules Verne, je me suis aperçu que le parcours était praticable "géopolitiquement" (pas de guerres, de problèmes de douanes excessifs...) et je me suis lancé. Mon premier Tour de France en 2007 et les 3 Grands Tours en 2008 m'avaient donné confiance en mon propre corps mais, franchement, aligner l'équivalent de 4 Tours de France en moins de 3 mois, m'inquiétait un peu. Finalement, tout s'est bien passé, aucun problème majeur n'a perturbé ma progression et je suis rentré "dans les délais" à Paris, en 80 jours exactement.

 

C.N : Parmi vos 3 aventures, laquelle fut la plus enrichissante pour vous ?

G.P : Culturellement, le Tour du Monde, sans hésitations. Sportivement, je crois que mon premier Tour de France, "L'Autre Tour ou le Tour à l'eau claire", a été un gros coup. Pour la première fois, une équipe de médecins pouvait obtenir des données directes à partir de mes résultats et cela a permis la rédaction d'une thèse de médecine. Un suivi médical poussé, sur 3 semaines, a également pu être établi. Médiatiquement, ce fut aussi un gros pavé dans la marre de l'hypocrisie généralisée de ce milieu.

 

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C.N : Quel sera votre objectif en 2010 ?

G.P : Je continue le changement de direction entrepris en 2009. Je délaisse progressivement l'aspect compétition/dopage, dans la mesure où je n'ai plus rien à prouver après avoir enchaîné les 3 grands tours en 2008. Le voyage et la découverte, ainsi que la qualité de mes reportages (n'oublions pas que je suis avant-tout journaliste!) auront la priorité. Mais les lecteurs du journal Le Monde et les gens qui me suivent depuis des années seront surpris: je vais vraiment changer de registre. Impossible de vous en dire plus pour le moment, je garde la surprise, mais je crois que beaucoup iront chercher le journal le matin (publié du 12 juillet au 15 août) pour suivre cette petite aventure, de dimension beaucoup plus modeste par rapport au tour du monde, mais devrait plaire tout autant.

 

C.N : Grâce à ses expériences, vous devez avoir un rapport au travail totalement atypique. Pouvez-vous nous l'expliquer ?

G.P : Comme tous les métiers un peu "artistiques", ce binôme voyage/sport a l'avantage de me laisser la gestion totale de mon temps. Toutefois, pour pouvoir pédaler comme je le fais, l'entraînement est presque quotidien (6 jours sur 7) et nécessite une discipline de vie. Par ailleurs, chaque voyage ou projet se prépare: itinéraire, lectures liées au thème...Sortie d'un livre après...En fait, je bosse 12 mois sur 12, sans que les gens s'en aperçoivent réellement.  

C.N : Comment réagis le monde du cyclisme face à votre projet ?

G.P : Partons d'un principe essentiel: personne ne fait jamais l'unanimité. Dès lors, j'ai entendu et lu des réactions intelligentes et d'autres carrément stupides ou vulgaires. Ce que beaucoup de coureurs n'ont pas compris, c'est que je leur ai donné un coup de main. Si un cyclisme amateur comme moi est capable de couvrir le Tour de France en solitaire, contrôlé par l'antidopage, sans massage ou mécanicien, à 31,1 km/h de moyenne générale (2008), cela signifie qu'un pro peut faire beaucoup mieux et ce toujours proprement. Mon idée de départ était de démentir le "tous dopés". Cependant, j'ai toujours déclaré haut et fort que le peloton était malade, gangréné par le dopage, et les faits, hélas, me donnent raison. Pas un mois ne s'écoule sans qu'un coureur ne soit trouvé positif. Des coureurs comme Maxime Monfort ou Cédric Vasseur ont ouvertement soutenu mon initiative. J'ai défendu le cyclisme, ils l'ont compris. Si les internautes qui fréquentent ce blog veulent en savoir plus, ils peuvent visiter mon site www.guillaumeprebois.com où ils trouveront mes livres "L'Autre Tour" et "Brouillard sur l'Angliru".

 

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Un immense merci à Guillaume pour sa disponibilité et sa gentilesse.

Cyclisme NEWS lui souhaite la plus grande des réussites pour son nouveau projet.

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Alexandre Maingot 13/05/2010 12:04



Sympa sympa j'aime beaucoup mais comment on fait pour obtenir le bracelet vert "vrai cycliste" ?