Interview de Maxime BOUET (Agritubel) réalisée le 25 octobre lors des 6 Jours cycliste de Grenoble

Publié le par Valentin JACQUEMET



Cyclisme NEWS :
Première saison comme professionnel, quel est votre bilan ?
Maxime Bouet : En tant que néo professionnel, j'ai beaucoup appris au sein d'une équipé Agritubel très expérimentée avec des coureurs comme Moreau, Vogondy, Jalabert ou encore Casper. Pour ma première année, je suis content car j'ai remporté une victoire (Prologue du Tour de Normandie), j'ai terminé quatrième au circuit de Lorraine, et j'ai réalisé de nombreuses places d'honneur. L'année prochaine, je vais essayer de repartir sur de meilleurs bases et pourquoi pas une participation au Tour de France en ligne de mire.

C.N : Justement Agritubel mise sur de nombreux coureurs jeunes notamment avec les frères Feillu. Pensez-vous que cette politique s'avèrera payante pour l'équipe et pour la promotion du cyclisme ?

M.B : Nous pouvons découpés l'équipe en 2 parties avec une première moitié d'anciens coureurs (Moreau, Casper ...) et puis une seconde composée d'une nouvelle génération de jeunes qui arrivent avec Rémi Cusin, Romain et Brice Feillu ou encore avec moi qui sont les futurs français. C'est désormais à nous de faire nos preuves pour avoir le même palmarès qu'eux si ce n'est mieux.

C.N : Nous sommes obligés d'en parler, les affaires de dopage avec récemment Kohl. Pensez-vous que ce fléau va être enfin éradiqué du cyclisme ?

M.B : Je ne sais pas si un jour nous allons arriver à arrêter tout ce bazar car il y a des choses qui sont mis en place avec notamment le système de localisation ADAMS, le passeport biologique mais on s'aperçoit que les coureurs sont presque en avance sur les contrôles. Donc pour nous, « petits coureurs » qui comme on dit dans le jargon cycliste faisons le métier en travaillant avec sérieux, en faisant attention à notre alimentation, on s'aperçoit que les coureurs vont loin, avec des professeurs pour trouver de nouveaux produits et pour passer à travers les contrôles. Personnellement, si je serais à la tête des grandes organisations, je dirais que lorsqu'un coureur est contrôlé une fois positif, il n'a plus rien à faire sur un vélo et n'a plus le droit à une licence. On remarque que ces coureurs recourent. Regardez Ivan Basso, il recourt demain (ndlr le 26 octobre) à la Japon Cup et gagne 70 000 € par mois chez Liquigas donc il y a vraiment un gros problème. Je mets ma main à couper que dans 3 ans, Ricco, Kolh recourront le Tour de France. Ce n'est pas avec ces courtes suspensions que nous allons éradiquer le dopage, il faut suspendre à vie pour calmer ces coureurs.

C.N : Avez-vous un avis sur le retour de Lance Armstrong ?
M.B : Je ne comprends pas pourquoi il y a tant de polémique que cela, Armstrong est un coureur comme un autre. Il peut revenir mais s'il remporte le Giro d'entrée de jeu, là il pourrait y avoir de gros soupçons car arrêter sa carrière pendant plusieurs années, revenir et gagner un grand Tour, cela parait très fort. Après s'il revient, c'est qu'il est sur de lui ...

C.N : Vous nous disiez que vous aviez pour objectif d'être sélectionné sur le Tour de France, justement le parcours, qu'en pensez-vous ?
M. B : Je suis très motivé, j'habite depuis environ un mois dans le sud, près de Marseille, avec mon amie, donc le départ à Monaco et la première étape qui arrive à Brignoles à quinze kilomètres de la maison me motivent énormément. On arrive ensuite dans ma deuxième maison, en Rhône-Alpes, avec le mont Ventoux qui est une étape qui me tient à cœur. J'aime beaucoup les Pyrénées avec des cols que j'affectionne puisque j'ai terminé troisième des Rondes de l'Isard (en 2007 en amateur). Cela serait magnifique pour moi de faire la Grande Boucle qui est, de plus, un très beau Tour avec beaucoup de moyenne montagne, peu de grands cols qui apporte donc une grande importance aux contres-la-montre. Le classement sera fait la veille, au soir, de l'arrivée sur les Champs Elysées.

C.N : Comment vous caractérisez vous en tant que coureur ?
M.B : En amateur, j'étais un coureur complet, bon en contre-la-montre, en moyenne montagne, et en sprint lors d'arrivée en petits groupes, ce qui explique ma présence aux 6 jours de Grenoble. Cependant, chez les professionnels, on se rend compte que cela roule vraiment beaucoup plus vite que chez les amateurs. Aujourd'hui, je suis plus un baroudeur mais j'espère conserver ce profil de coureur complet pour justement les courses à étapes comme le Tour de France en essayant de m'améliorer pour pouvoir, par la suite, rivaliser avec les meilleurs.

C.N : Comment vous ai venu cette passion pour le cyclisme ?
M.B : Au début, je jouais au football dans le club de mon village puis du jour au lendemain, mon père m'a dit d'arrêter car j'avais un mauvais caractère, je voulais toujours gagner. Il m'a dit que j'allais faire un sport qui allait me calmer et m'a donc mis au vélo. Quand j'ai commencé, j'étais vraiment mauvais, je n'aimais pas ça mais dès que j'ai remporté ma première course, j'ai adoré notamment grâce à sa médiatisation, les podiums. Toutes les années, je gardais un certain courage et cela m'a permis de grimper les échelons pour arriver à devenir professionnel.

C.N : Quels sacrifices avez-vous dû faire pour devenir professionnel ?
M.B : Quand j'étais jeune, je suis parti dès l'âge de seize ans en sport-études au Pôle espoir de Saint Etienne. Deux ans plus tard, j'ai rejoins le Chambéry Cyclisme Formation pour enfin partir au VC la Pomme Marseille (l'un des meilleurs clubs amateur français). Le sport cycliste est un sacrifice de la vie car on se prive des sorties avec les copains, on fait attention à notre alimentation. Il faut donc une certaine volonté mais quand on veut, on peut.

C.N : Que peut-on vous souhaiter pour 2009 ?
M.B : D'être déjà au départ du Tour à Monaco puis pourquoi pas remporter une étape à la maison lors du Tour de l'Ain.


Un grand merci à Maxime pour sa disponibilité et sa gentillesse.
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Publié dans Interviews

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