Carnet de route avec Maxime Bouet #7

Publié le par Valentin JACQUEMET

Dossard 172 :

Suivez le Tour de France de Maxime Bouet


Alors que le peloton fait relâche aujourd'hui, notre Carnet de route, Maxime Bouet, nous livre ses impressions après une semaine d'un Tour de France déjà exceptionnel pour lui.

Entretien.

Cyclisme NEWS : Tout d'abord, merci Maxime de nous accorder du temps durant cette journée toujours particulière à gérer. Justement, qu'avez vous fait durant cette première étape de repos ?
Maxime Bouet : Ce matin, je me suis reposé, me levant un peu tard grâce à l'absence de réveil (rires). Je suis ensuite parti rouler avec l'équipe, même si chacun partait pour le temps qu'il voulait. Pour ma part, j'ai roulé deux heures avec Christophe Moreau. Cela permet de débloquer un peu les jambes et de rester dans le rythme. Une fois rentré, j'ai pris un repas léger avant d'enchainer avec une séance avec l'ostéopathe et l'habituel massage.
C.N : Justement, physiquement, comment vous sentez-vous ?
M.B : Je suis bien. Je réussi à faire ce que je voulais, c'est à dire que je monte en puissance au fil des jours. Pour être honnête, j'ai eu un peu de mal à récupérer de mon échappée de la Troisième étape. Je m'étais dit, j'attaque sur la Troisième, je roule à bloc pour le contre-la-montre par équipes du lendemain et je me repose sur les étapes qui suivent. Sauf que cela ne s'est pas passé comme prévu. En effet, sur l'étape qui nous emmenait au Cap d'Agde, ça à rouler à bloc toute la journée et pour l'étape espagnole entre Gérone et Barcelone, nous avons eu la pluie. Mais aujourd'hui, ça  va mieux, preuve en est : j'avais de très bonnes jambes hier dans le Tourmalet.
C.N : Pouvez-vous nous faire le film de cette ascension où nous vous avons retrouvé à l'avant ?
M.B : Dans la première ascension du jour, le Col d'Aspin, j'ai viré dans les premiers du peloton au sommet. Je me suis dis que si la bataille entre les leaders arrivait dans le Tourmalet, je céderais à la pédale. J'ai donc décidé de devancer tout le monde et d'attaquer. Je pense avoir réussi une belle montée puisque j'ai réussi à reprendre 1'30'' au groupe des poursuivants. Je suis, tout de même, un  peu déçu d'avoir lâcher à quatre kilomètres du sommet mais les jambes devenaient lourdes. C'était, je pense, un bon coup tactique.
C.N : Vous avez donc monté le Tourmalet en solitaire. Je suppose que cela doit être exceptionnel ?
M.B : Totalement, c'est la première fois que je voyais autant de monde dans un col. Les voitures qui klaxonnent pour que les supporters s'écartent, les drapeaux, les encouragements, tout est décuplé. Pour la petite anecdote, les gens me confonde avec Christophe Moreau, c'est marrant d'entendre des "Allez Moreau" au bord de la route.
C.N : Votre bilan de votre première semaine est donc satisfaisant ?
M.B : Oui, bien sur. J'ai fait deux cents kilomètres devant durant la troisième étape couru presque à domicile, je termine neuvième de cette étape, je me montre encore hier. C'est bien. J'ai l'avantage de courir sans avoir d'équipe à trouver pour l'an prochain (ndlr : Maxime a signé pour deux ans dans l'équipe de Vincent Lavenu, AG2r - La Mondiale), cela enlève donc un immense stress.
C.N : Si vous aviez une image à retenir de ce début de Tour ?
M.B : (Il hésite). Tout est exceptionnel ici. C'est dur de sélectionner un moment, mais l'attente sur la rampe de lancement du contre-la-montre de Monaco restera gravée à vie. Dans ma tête, je me suis dit : "Ca y est, tu réalise ton rêve !". Le temps passe vite, il y a dix ans, j'étais présent sur les routes avec mon père pour voir passer mes idoles et aujourd'hui, je cours avec. C'est un immense accomplissement, une fierté. Il y a une effervescence dans mon village d'origine, Artemare, c'est superbe. J'ai débuté là bas, j'ai gravit les échelons et aujourd'hui, je suis sur le Tour. C'est un rêve de gamin qui se concrétise.
C.N : Du côté des favoris, votre podium reste le même ?
M.B : Oui, je pense que Contador est au dessus du lot. Je le mets donc maillot jaune sur les Champs-Elysées, devant Andy Schleck et Lance Armstrong.
C.N : Par rapport au « Boss », il me semble que vous avez parlé avec il y a quelques jours ?
M.B : Oui, même si mon anglais n'est pas parfait, j'ai compris qu'il "pouvait être mon père", selon ces dires. C'est impressionnant d'être en course à coter de lui. Dans la montée d'Arcalis, j'étais dans un petit groupe avec Freire, jamais je n'aurais cru vivre ça, et aujourd'hui, je profite de chaque secondes de ces instants si particuliers.



Retrouvez les débuts de Maxime sur la Grande Boucle à travers cette vidéo

retraçant son contre-la-montre de Monaco



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